Pour un travail social indiscipliné

Je relis Pour un travail social indiscipliné de Laville et Salmon.
Et franchement, ça fait du bien.
Parce que le problème du travail social, ce n’est pas qu’on manque d’outils.
C’est qu’on ne questionne plus vraiment ce qu’on fait.
Former, intervenir, accompagner… on présente ça comme neutre.
Mais ça ne l’est jamais.
Derrière la technicité, la fameuse « distance professionnelle », il y a toujours des choix politiques. Simplement, on ne les nomme plus.
Et du coup, on forme à quoi ?
À s’adapter. À faire fonctionner les dispositifs. À ne pas trop poser de questions.
Pas à comprendre. Encore moins à contester.
Ce que proposent Laville et Salmon, c’est un vrai déplacement :
Arrêter d’agir sur les publics. Commencer à agir avec eux.
Et ça, ça change tout.
Parce que ça suppose d’accepter le conflit, de reconnaître d’autres savoirs, et surtout… de remettre en question les institutions elles-mêmes.
Ce n’est pas confortable.
Mais c’est sans doute nécessaire.
Alors je me demande :
👉 Est-ce qu’on forme encore des professionnels… ou des exécutants ?
PS : « Le travail social peut s’émanciper d’un passé dépassé, pour s’orienter vers une lutte pour la reconnaissance tournée vers l’avenir. »
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Pour citer cet article :
Carnets d’étudiant·e·s en travail social #11. Pour un travail social indiscipliné. André Decamp, Regards sur le travail social, 29 juin 2026. https://andredecamp.fr/2026/06/29/carnets-detudiant·e·s-en-travail-social-11/
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